Communiqué n°108 - Mai 2026

Maudites soient les guerres !

Frappes meurtrières contre des bâtiments civils (écoles, hôpitaux…) en Iran, nettoyages ethniques en Palestine ou au Haut-Karabagh, massacre de masse de populations par des milices au Soudan, destruction volontaire de villages chiites et chrétiens par l’armée israélienne au Liban : le capitalisme montre plus que jamais son vrai visage, celui de la barbarie.

Mais le système capitaliste fait aussi des gagnants : le business de la mort se porte bien ! Les patrons du secteur de l’armement et de la sécurité voient leurs carnets de commande se remplir ; les bourges et autres abrutis cyniques qui spéculent sur le cours des actions de ces sociétés se réjouissent et s’enrichissent.

Tout sauf un phénomène lointain, la guerre frappe à nos portes en Europe. L’attaque du régime poutinien contre l’Ukraine a entraîné des centaines de milliers de morts depuis 2022 : des soldats – parfois bien malgré eux –, mais aussi des milliers de civils qui, des deux côtés du front, ont eu pour seul tort d’avoir été visés par un drone russe ou ukrainien. Tout comme les multiples conflits qui ensanglantent le Moyen-Orient, la guerre en Ukraine permet opportunément aux entreprises européennes, nord-américaines, turques ou iraniennes du complexe militaro-industriel de tester leurs engins de mort en « conditions réelles »… qu’importe si ce sont des civils qui servent de cobayes !

La menace de la guerre pèse déjà lourdement sur nos existences : pendant que de hauts gradés de l’armée française nous exhortent à « accepter de perdre nos enfants » au front, sur injonction du fasciste Donald Trump, les États membres de l’OTAN se sont engagés à ce que leurs dépenses de sécurité doublent en 10 ans, pour atteindre 5 % du produit intérieur brut en 2035. L’envers de la médaille est évident : il s’agit des restrictions budgétaires qui visent l’éducation (écoles, universités), la santé (hôpitaux, maisons de retraite publiques), l’assurance chômage, le secteur social et associatif, etc.

Et la gauche, dans tout ça..?

À celles et ceux qui espéreraient sortir de cet enfer en glissant un bulletin de vote « de gauche » dans une urne, une simple consultation du programme de la principale formation de gauche – La France Insoumise (LFI) – suffit à démontrer qu’il n’en est rien.

À la rubrique « Construire une défense souveraine au service de la paix », le programme de LFI indique en effet qu’il s’agit pour le mouvement mélenchoniste de « créer un pôle public de l’armement », de « faire de la France une puissance incontournable dans les technologies de rupture : miniaturisation, dronisation, intelligence artificielle, etc. », de « donner à nos services de renseignement la capacité d’anticiper les risques » ou encore d’instaurer un « service citoyen obligatoire » avec « la possibilité d’un service militaire comme composante optionnelle ».

Mélenchon Dassault
Mélenchon en visite de soutien chez le marchand de mort Dassault (Cergy, 20 janvier 2026): avec LFI, un autre impérialisme est possible !

Sur le plan des relations internationales, le mouvement de gauche ne propose rien d’autre que de « renforcer l’ONU pour faire vivre un monde ordonné ». C’est oublier un peu vite que l’Organisation des Nations Unies est une caverne de brigands qui a avalisé notamment la guerre de Corée (2 millions de morts), la guerre du Golfe et l’embargo contre l’Irak (1,5 million de morts) ou encore l’intervention contre la Libye en 2011 qui a débouché sur une guerre civile (25 000 morts).

Face à des exploiteurs fanatisés, dont une fraction croissante est prête à confier les clefs de l’État aux fachos pour sauver le mode de production capitaliste, l’électoralisme et le réformisme sont des impasses mortifères. En définitive, les travailleuses et travailleurs du monde entier demeurent toujours placés devant la même alternative : ou bien la révolution sociale avec pour perspective l’instauration d’une société égalitaire, ou bien la perpétuation de la barbarie capitaliste au service d’une minorité d’exploiteurs.

Rosa Luxemburg
Rosa Luxemburg, militante socialiste internationaliste et théoricienne marxiste, fût assassinée par des miliciens d’extrême-droite agissant pour le compte des sociaux-démocrates allemands lors de l’insurrection ouvrière de Berlin en janvier 1919

Plus s'accroît la violence avec laquelle à l'intérieur et à l'extérieur le capital anéantit les couches non capitalistes et avilit les conditions d'existence de toutes les classes laborieuses, plus l'histoire quotidienne de l'accumulation dans le monde se transforme en une série de catastrophes et de convulsions, qui, se joignant aux crises économiques périodiques finiront par rendre impossible la continuation de l'accumulation et par dresser la classe ouvrière internationale contre la domination du capital avant même que celui-ci n'ait atteint économiquement les dernières limites objectives de son développement. [Le capitalisme] est […] la première forme économique incapable de subsister seule, à l'aide de son seul milieu et de son sol nourricier. Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d'être cette forme mondiale de la production. Il offre l'exemple d'une contradiction historique vivante ; son mouvement d'accumulation est à la fois l'expression, la solution progressive et l'intensification de cette contradiction. À un certain degré de développement, cette contradiction ne peut être résolue que par l'application des principes du socialisme, c'est-à-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale, un système harmonieux en lui-même, fondé non sur l'accumulation mais sur la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse et donc sur l'épanouissement de toutes les forces productives de la terre.

Rosa Luxemburg, L’accumulation du capital, 1913

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